Texte intégral
Mes chers confrères,
Nous nous réunissons aujourd'hui pour honorer la mémoire de Mario Vargas Llosa, qui nous a quittés en 2025 après une vie consacrée aux lettres et à la liberté.
Il est rare qu'un écrivain soit à la fois l'un des plus grands romanciers de son temps et l'une des consciences politiques les plus claires de son siècle. Mario Vargas Llosa fut cette exception.
De La Ville et les chiens à La Fête au bouc, de La Maison verte à La Guerre de la fin du monde, il a construit une œuvre d'une ampleur et d'une cohérence rares — toujours au service de cette conviction fondamentale que la liberté individuelle est le bien le plus précieux qu'une société puisse protéger.
Il fit du roman une manière d'habiter le monde et d'en contester l'injustice. Prix Nobel en 2010, il déclarait alors que sans la fiction, la vie ne serait pas tolérable. Je crois qu'il avait raison.
L'Académie française lui avait ouvert ses portes en 2021. Il y siégea peu de temps, mais avec toute la fidélité d'un homme qui savait ce que la langue française représentait pour le dialogue entre les civilisations.
Nous lui devons de continuer.


